Tuesday, 03 January 2017 18:59

MOBILISATION INTERNATIONALE LE 18 MARS 2017 - 10 RAISONS POUR INONDER LES RUES LE 18 MARS Featured

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Mobilisation internationale le 18 mars 2017.
Pour un monde sans racisme, sans néonazis, sans guerre.
Fermeture des camps de concentration.
Condamnation à la prison des assassins néonazis d'Aube Dorée


10 raisons pour inonder les rues le 18 mars

1. Les vastes mouvements antiracistes et antifascistes d'Europe nous appellent à un soulèvement international!
L'échec de Hoffer dans la course à la présidence de l'Autriche a constitué une belle victoire pour le mouvement antifasciste et le mouvement de solidarité envers les réfugiés, qui n'ont pas laissé le candidat nazi en paix.
Nous nous réjouissons, car les organisateurs des mobilisations "Plateforme pour une juste politique de l'asile en Autriche" étaient avec nous à Athènes pour la Rencontre Internationale contre le racisme et le fascisme qui s’est tenue les 15 et 16 octobre, à l'initiative de la KEERFA. Ils nous appellent à la mobilisation internationale du 18 mars, avec d'importants mouvements qui ont participé à la Rencontre d'Athènes, tels que le SUTR-Soulevez-vous contre le Racisme de Grande-Bretagne, le mouvement allemand AGR-Résistez au Racisme, le Mouvement de Barcelone "Unis contre le racisme", le mouvement danois "21 mars-villes sans racisme", le mouvement hollandais contre l'Islamophobie et d'autres mouvements de France, de Chypre, de Turquie et de Suisse.


Des mouvements tels que "Black lives matter" des USA, et d'autres au Canada, en Australie, en Corée du Sud, en Irlande, s'apprêtent à entrer dans la danse des manifestations.
L'action a reçu le soutien d'importantes organisations syndicales dans toute une série de pays. L'an dernier, le 19 mars, et cette année les 23 et 24 janvier, contre les murs, de l'Evros à Calais, nous avons lancé le mouvement; aujourd'hui, nous descendons, unis, dans les rues dans des dizaines de pays sur toute la planète comme dans de nombreuses villes de Grèce.

2. Pour que la Mer Méditerranée cesse d'être un immense cimetière des réfugiés au XIXe siècle, nous réclamons l'ouverture des frontières!
Nous ne tolérons pas que, à cause de l'accord passé entre l'UE et la Turquie qui a étranglé le couloir balkanique en Europe, la mer continue à rejeter sur les côtes les corps des petits Aylan.
Le mur de l'Evros n'était que le début de la fermeture des passages terrestres sûrs.  Par la suite, FRONTEX et l'OTAN ont ouvert la porte aux passeurs afin qu'ils fassent transiter les réfugiés via le littoral nord de l'Afrique, pour un prix plus élevé et un prix du sang plus élevé encore.
Ont suivi toute une série d'autres pays européens tels que la France, qui empêche le passage vers la Grande-Bretagne de milliers de réfugiés bloqués à Calais.
Le prix du sang a encore augmenté cette année, avec 4715 personnes noyées ou disparues dans les eaux glacées de la Mer Méditerranée, à l'heure où les dirigeants européens s'obstinent à considérer la Turquie d'Erdogan comme un "pays sûr", et à expulser jusqu' à des réfugiés Syriens! Plus précisément, selon les données fournies par le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés, les morts furent au nombre de : 500 en 2012, 600 en 2013, 3400 en 2014, 3500 en 2015.

3. Pour la fermeture des camps de concentration, avant d'en arriver à l'horreur d'Auschwitz.
Un cauchemardesque réseau de camps de concentration et d'îles - terres d'exil pour les réfugiés, tels que Nauru dans le Pacifique, s'étend en Grèce, en Europe et en Australie. Les fantômes de l'entre-deux-guerres resurgissent pour hanter à nouveau la planète. Des êtres humains sont enfermés dans des camps de concentration, ils sont privés de leur liberté, réduits à des conditions de vie déplorables, sous des tentes ou dans des containers, des nourrissons dorment au milieu des flaques de boue, des familles sont séparées, des mineurs se retrouvent sans protection, sans avenir. Cela, dans la Grèce de Tsipras et de Kammenos.
Ils ont le culot de les baptiser "centres d'accueil" alors qu'il s'agit de prisons.
Il s'agit d'une violation caractérisée du droit d'asile des réfugiés qui sont victimes de persécutions, un droit reconnu depuis la fin de la 2e Guerre Mondiale. Les vociférations racistes de Mouzalas en faveur de l’enfermement des réfugiés sur les îles, avec la création de nouvelles prisons-Guantanamo et l'imposition d'un régime d'apartheid, avec le tracé de frontières intérieures pour les réfugiés qui arrivent dans la région de la Mer Egée, tout cela provoque notre indignation.
La suppression des libertés des réfugiés par les autorités policières et militaires, là où ils se trouvent, va de pair avec l'interdiction de toute action politique et syndicale libre dans ces espaces pour les militants solidaires, les réfugiés eux-mêmes mais aussi pour les travailleurs du service public et des ONG.
Les réfugiés sont les bienvenus! Aucune vie n'est clandestine. Nous réclamons l'ouverture des frontières et la libre circulation des personnes. Les réfugiés ne sont pas des criminels, les migrants ne sont pas des "irréguliers", ils sont venus pour vivre et non pour brader leur liberté contre une assiette de nourriture dans un camp de concentration!
L'enfermement des réfugiés dans des camps de concentration-ghettos et leur isolement sur les îles de la mer Égée offrent un terreau de choix à la démagogie fasciste et raciste d'Aube Dorée.

4. Pour des conditions de logement humaines pour chaque réfugié et chaque personne sans domicile.
Des millions de travailleurs et de jeunes ont contribué, en se serrant la ceinture, pour que les réfugiés puissent vivre dignement et qu'ils bénéficient d'un accueil à visage humain. Dans le même temps, le gouvernement bâtit des villages-camps pour isoler les réfugiés dans des zones spéciales hors du tissu urbain.
Or, la solution, c'est de mettre aujourd'hui à leur disposition des bâtiments publics, des installations olympiques et des maisons pour permettre à ces milliers de réfugiés, et avec eux à chacun des sans-abri et de tous ceux que la crise a dépouillés de leurs biens, de prendre un nouveau départ dans la vie.
Les syndicats doivent revendiquer que soit recomposé l'Organisme de Logement Ouvrier, démantelé par les gouvernements des mémorandums, et imposer le développement d'un programme de logement ouvrier et populaire pour chaque sans-abri et chaque réfugié. De cette façon, on trouvera du travail à des milliers de travailleurs du bâtiment et de jeunes ingénieurs civils au chômage.

5. Pour l’intégration entière et égalitaire des enfants réfugiés dans les écoles publiques.
Le gouvernement a été contraint, sous la pression des enseignants, d’admettre les enfants réfugiés dans les écoles publiques, mais il les a isolés sur une plage horaire (en après-midi) qui rend impossible toute socialisation de ces enfants à travers leurs contacts avec les autres enfants; il a ainsi cédé aux vociférations racistes. Au lieu d’engager des enseignants titulaires, il a embauché un tout petit nombre de vacataires pour ces plages horaires.
Des milliers d’enfants réfugiés se trouvent sous la responsabilité de la Haute Autorité de l’ONU; il s’agit aussi de mineurs non accompagnés privés du droit à l’éducation. Ils sont encore bien trop nombreux dans les camps, au lieu d’être à l’école.
Nous exigeons que TOUS les enfants, sans exclusion aucune, soient mis sur la voie de l’intégration pleine et entière dans les écoles publiques; que ce mouvement soit accompagné par une augmentation des fonds alloués, la création de classes d’accueil sur les plages horaires matinales et la nomination d’enseignants, de personnel de garde et d’entretien titulaires.

6. Pour des hôpitaux ouverts à chaque réfugié et non assuré!
La bombe sanitaire n’est pas causée par les réfugiés, mais par les coupes claires dans les budgets de la santé publique, des hôpitaux, des soins de premier degré et de l’action sociale, mis à bas par les pénuries de fonds, de personnel, de médicaments, d’unités de soins intensifs, d’ambulances.
Ce sont les mémorandums qui ont démantelé tous ces services. Pour sauver les vies de TOUS, il faut intensifier les luttes pour sauver la santé publique. Pour sauver les vies des réfugiés et des locaux, des infirmes de guerre, des femmes et des enfants, il est urgent d’embaucher des médecins, des personnels soignants, des employés, mais aussi des interprètes afin que tous puissent être examinés dans leur langue, et pas au moyen de pantomimes. Nous avons besoin d’équipes envoyées par les hôpitaux publics dans les camps (en attendant la fermeture de ces derniers) et non pas de la dévalorisation de la santé des réfugiés qui y sont parqués du fait des “soins” insuffisants et inappropriés qui leur sont prodigués par les ONG.

7. Pour le renforcement des services publics, et contre la délégation à des particuliers et à des ONG des soins aux réfugiés.
L’ONU, par le biais du Haut Commissariat aux Réfugiés et l’Union Européenne disposent de fonds destinés à l’arrêt et à la “gestion des flux migratoires”, à leur isolement dans un système d’octroi du droit d’asile au compte-goutte, où des milliers de réfugiés se retrouvent parqués dans des camps de concentration, sont conduits à des expulsions massives ou contraints d’attendre leur transfèrement avant de voir leur demande refusée par le pays d’expédition!

Nous nous battons pour que les Municipalités et les autorités publiques prennent en charge les soins aux réfugiés, contre la militarisation, la privatisation et l’ONGisation des services publics et municipaux.
Il est temps, pour les travailleurs des ONG, de s’organiser massivement depuis la base dans des syndicats qui défendront les relations de travail contre l’arbitraire et la terreur exercés par les patrons, et qui réclameront dans le même temps que ces services soient placés sous l’autorité de l’Etat.  Ils doivent, dans le même temps, refuser le rôle de gendarmes qu’on voudrait leur imposer, aux dépens des réfugiés, et garantir le droit pour les réfugiés de s’organiser dans une lutte commune pour la défense de leurs droits. Nous ne retournerons pas à l’ère où l’Eglise et la Croix Rouge faisaient la pluie et le beau temps, main dans la main avec les organismes internationaux, à l’époque de la Reine Frédérique.

8. Mettre un terme à l’islamophobie qui ouvre la voie aux fascistes.
Devant la crise du système qui ne fait qu’imposer mémorandums, pauvreté, chômage et misère à des millions d’hommes et de femmes, les gouvernements tentent de faire des réfugiés et des migrants des boucs émissaires, afin de faire peser sur leurs épaules leurs propres responsabilités et leurs propres échecs.
Durant l’entre-deux-guerres, les nazis s’en étaient pris aux Juifs; aujourd’hui, ce sont les musulmans qui sont dans le viseur. De cette façon, on détourne l’attention des véritables responsabilités dans le bain de sang des peuples, causé par les interventions impérialistes au Moyen Orient, en Afrique, en Asie.
Le gouvernement français a imposé un état d’urgence, interdisant les grèves et les manifestations; cet été, des maires ont tenté de faire interdire le burkini, le maillot intégral des femmes musulmanes! Il s’agit d’une remise en cause intolérable du droit des femmes à disposer elles-mêmes de leur corps et de choisir leur façon de se vêtir.
Ces attaques islamophobes ont ouvert la voie à l'extrême-droite. Les partisans d'Aube Dorée ont remis le masque du "citoyen indigné" sur les îles. Ils se sont souvenus des jours d'Aghios Pantéléimonas quand, profitant de la complicité du Commissariat de Police, ils organisaient des descentes meurtrières contre des immigrés, des militants de gauche et des syndicalistes. Un mouvement massif de solidarité avec les réfugiés et le soulèvement antifasciste ouvrier à Lesbos, à Chios, à Samos et à Rethymno leur ont donné la réponse appropriée.

9. Pour envoyer les assassins néonazi d'Aube Dorée pour de bon en prison.
Lors du procès d'Aube Dorée, à travers les dépositions déterminantes des témoins de l'assassinat de Pavlos Fyssas, des attaques meurtrières contre les pêcheurs Égyptiens et les syndicalistes du PAME, il est apparu clairement qu'il s'agit d'une bande criminelle néonazi qui a planifié et exécuté ses attaques sous des ordres centralisés. Aube Dorée constituait des escadrons comme les nazi d'Hitler.
Il est temps de les mener à l'isolement le plus total au sein des Municipalités, du Parlement, dans les quartiers comme dans les médias. Il ne s'agit d'"un parti comme les autres", mais de criminels nazi qui portent le masque d'un parti et usent de chaque moyen pour déverser leur poison et leur haine raciste contre les militants et sympathisants de gauche, les syndicalistes, les immigrés, les Rroms, les personnes qui ont une couleur de peau, une religion ou une orientation sexuelle différentes. Nous devons casser et empêcher toute attaque dans les quartiers et les écoles, et s'assurer qu'ils ne trouveront aucune tribune dans les médias, publics ou privés, pour appeler à des attaques racistes.

10. Pour en finir avec les guerres qui génèrent l'exil!
L'intensification de la guerre en Irak et en Syrie, avec les batailles de Mossoul et d'Alep, ouvre la voie à de nouvelles catastrophes qui jetteront sur le chemin de l'exil des centaines de milliers de réfugiés. Le gouvernement s'entête à soutenir l'accord raciste, à procéder à des expulsions, à l'heure même où Erdogan bombarde les Kurdes et jette en prison dirigeants et députés du HDP, syndicalistes et journalistes.
Les interventions impérialistes et les antagonismes, au Moyen Orient, en Afrique et en Afghanistan, pour le contrôle stratégique, le pétrole et les pipelines, s'intensifient encore, menaçant d'entraîner aussi dans le tourbillon la Grèce, coincée dans sa compétition  avec la Turquie d'Erdogan. Aucune implication dans les guerres impérialistes! Nous exigeons la fermeture des bases militaires de Souda et d'Aktio, et le départ de l'OTAN de la mer Égée.

Nous tendons la main aux travailleurs de Turquie et du Kurdistan qui mènent le combat dans leur pays pour la liberté, afin de ne pas nous retrouver entraînés dans une guerre injuste pour les intérêts des banquiers, des industriels, des vendeurs d'armes et des multinationales.
La force de la résistance ouvrière, de la solidarité envers les réfugiés, de la résistance contre la menace fasciste peut inonder les rues de chaque ville européenne et s'étendre en Amérique, en Afrique, en Asie et en Australie pour montrer aux Trump et autres Poutine, aux dictateurs et aux pilleurs de la guerre qui provoquent des bains de sang partout sur la planète, semant pauvreté et exil, que le désespoir et le fascisme ne passeront pas, mais que la résistance, l'espoir et le combat pour une société meilleure vaincront.
Nous appelons les syndicats, les associations d'étudiants, les lycéens et élèves, les organisations de défense des droits et chaque collectif à faire du 18 mars un tremblement de terre international contre le racisme et le fascisme, avec des manifestations massives à Athènes et dans de nombreuses autres villes de Grèce.

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